Tout diagnostic de sécurité se base sur un diagnostic visuel et statique détaillé de l’arbre.

1 Diagnostic visuel

Le diagnostic visuel s’effectue en règle général au sol. Les instruments employés sont un mètre-ruban, un dendromètre, un couteau, une tige métallique de sondage, un maillet et des lunettes d’approche. A l’aide d’un formulaire détaillé, chaque partie de l’arbre est analysée et tout défaut de statique ou signe de dépérissement est signalé sous forme d’une échelle de classification selon l’importance d’impact potentiel (2: faible; 5: grave). Selon les défauts observés, l’état phytosanitaire et statique de chaque arbre est évalué. Si elles s’avèrent nécessaires, des opérations de soins et de taille sont ensuite énoncées.

2 Diagnostic statique de sécurité

Evaluation globale

Selon la méthode SIA (évaluation statique intégrée d’après WESSOLLY), méthode non-invasive, la sécurité globale de l’arbre sera évaluée pour une contrainte sous ouragan (12 ° Beaufort) et en fonction du site (agglomération, rase campagne), de l’exposition, de l’essence, de la hauteur de l’arbre, du diamètre de tronc et de la présence de cavités apparentes ou internes. Suite à cette évaluation, on détermine l’épaisseur minimale de paroi restante pouvant assurer un coefficeint de sécurité statique d’au moins 100 %. Une réduction de la hauteur de l’arbre peut être alors recommandée, si un coefficient de sécurité statique de 150 %, telle qu’il est pratiqué par les ingénieurs en construction, n’est pas donné. Une réduction de couronne de deux mètres par exemple peut signifier une augmentation de coefficient de sécurité de l’ordre de 50 %.

Evaluation approfondie

A l'aide de la tomographie à ondes sonores, l'état sanitaire interne du tronc ou d'une charpente peut être visualisé.

Le fonctionnement de la méthode est basé sur la mesure de la vitesse de propagation du son au travers du bois. Une pourriture  ou cavité interne par exemple empêche une  propagation rapide du son. La différence de vitesse du son entre les capteurs fixés au pourtour du tronc sera enregistrée et représentée dans la section analysée par des couleurs différentes selon le degré d'altération. Cela nous permet de déterminer l'épaisseur de la paroi résiduelle. 

Cette méthode est non-invasive et relativement rapide.

        Tomogramme d'un vieux chêne infesté par le Polypore soufré

 

  

 

Par le principe de la tomographie à ondes sonores, il est aussi possible de localiser des racines sans creuser dans le sol. Une impulsion sonore sera déclenchée dans le sol à l'aide d'une sonde. Sa vitesse de propagation vers la base du tronc sera enregistrée.  Les différents couleurs représentent les vitesses de propagation entre la surface du sol et les capteurs fixés aux empattements du tronc. Cette méthode est appliquable pour déterminer des dégats ou pertes racinaires et en préparation de projets de construction.

                                                

 

 

 

 

 

Si un arbre à conserver présente des avaries sérieuses, la sécurité de rupture et la sécurité d'ancrage peuvent être déterminées à l'aide de tests à la traction, la méthode Elasto-Inclino,  seule méthode possible pour vérifier la sécurité d'ancrage. 

Dans nos expertises de contrôle de sécurité, nous appliquons le principe non-destructif, c'est-à-dire que nous n'effectuons ni prélèvements à la tarière ni percements de tronc. La technique employée est strictement conforme aux principes internationaux qui sont utilisés pour le calcul de la statique d’édifices sous la contrainte des vents. Il suffit de résoudre des équations de statique.

Le point de départ est toujours une saisie numérique la plus précise possible de la contrainte des vents. Vu que les arbres ne sont pas des constructions rigides, les normes d’application DIN 1055 4ème partie et DIN 1056 ont été complétées par la dynamique des vents et de l’arbre. La charge des vents sur le site est alors calculée au moyen des profils des couches proches du sol selon DAVENPORT et ZURANSKI.

De même qu’en mécanique expérimentale, une force de traction sera appliquée sur l’arbre pour simuler une faible action des vents et les réactions de l’arbre seront enregistrées au moyen d’instruments de mesures non-invasifs. À partir des résultats des mesures, on calcule les charges de rupture. On compare alors ces charges avec la charge des vents sous ouragan déterminée au moyen de l’analyse de la charge des vents. Ainsi, on obtient une analyse de sécurité quantifiable et compréhensible.  

La méthode élasto nous permet de vérifier la sécurité de rupture et la portance résiduelle du tronc, de déterminer l’épaisseur moyenne de paroi résiduelle requise et de localiser les points faibles de l’arbre. Par la méthode inclino, on vérifie la sécurité d’ancrage.

Ces deux méthodes sont intégrales, c’est-à-dire qu’elles ne saisissent pas seulement des données ponctuelles, mais aussi l’ensemble des influences.